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| L'uniforme à l'école |
Reportage sur Youtube
Article dans Le Nouvel Observateur
Article dans "Le Parisien"
Article à lire dans Le Parisien
L'uniforme à l'école
Après deux semaines de vacances, les élèves de l'internat d'excellence de Sourdun inaugurent une rentrée en uniforme. Les adolescents ont revêtu pour la première fois l'uniforme lundi, un changement de tenue destiné à combattre «la tyrannie des marques» en instaurant une «égalité entre les élèves», selon le proviseur.
LeParisien.fr
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Article à lire dans le Nouvel Observateur
Uniforme à l’internat : bon point ou bonnet d’âne ?
Publié le 07-03-2012
Auteur de l'article: Angelique Cimelière, Psychologue clinicienne
Jupe ou pantalon noir, chemisier blanc pour les filles, pantalon noir, chemise blanche et cravate pour les garçons. Ce sont les nouveaux codes vestimentaires des élèves de l'internat d'excellence de Sourdun, en Seine-et-Marne. Le port de l'uniforme favorise-t-il l'intégration des jeunes concernés ?
Pour mieux comprendre la polémique actuelle sur l’uniforme à l’école, posons-nous les bonnes questions : l’uniforme est-il un frein à la construction de la personnalité ? Pourquoi est-il adopté ? Existe-il des solutions ?
Un uniforme, pourquoi ?
Jusqu’en 1968, l’uniforme était obligatoire dans les établissements publics afin de gommer les inégalités sociales. Actuellement, les raisons de cette réhabilitation varient. L’uniforme symboliserait la lutte contre "la tyrannie des marques", tout en valorisant "l’égalité entre les élèves".
Qu’en est-il réellement ? La tyrannie des marques existe dans tous les milieux sociaux confondus. Chaque établissement scolaire a son propre... "uniforme" ou plutôt son "code vestimentaire". La sortie des classes parle d’elle-même en montrant une horde de clones se dirigeant vers la porte. Ils sont tous pareils ! Il existe une sorte de "règlement interne implicite" dédié à l’habillement. Sans uniforme à la clé, mais avec des référents vestimentaires identiques !
Les adolescents sont guidés par une marque, un code vestimentaire, qui les intègre dans un groupe spécifique. En respectant cette règle, ils appartiennent à un cercle qui, selon leurs dires, définit leur personnalité. Donc, quoi que l’on fasse, on parle d’uniforme, mais dans le sens "uniformisation" de l’adolescent. Certains codes restent "classiques" : jeans, T-shirt (même lorsqu’il fait 0°C dehors!) et baskets. D’autres portent plus vers la polémique.
L’école, ce n'est pas un défilé de mode !
"Trop maquillée", "Tenue indécente", "Vêtement troué", en parlant du string ou du caleçon qui dépasse largement des pantalons des filles ou des garçons. Voici un échantillon des motifs de renvoi au domicile pour tenue non conforme à l’établissement.
Le problème, c’est que l’école est LE lieu des rencontres entre adolescents. L’école représente une scène où la loi est rude. Seuls les plus motivés resteront. Court extrait d’échanges entre un adolescent conseillant un nouvel élève : "Si t’as pas de Converse, personne te parle. Et même si tu en as, il faut avoir l’art de les nouer et de les salir, sinon, t’es un nul !" Les codes sont extrêmement stricts et aucune place n’est laissée à la fantaisie ou à la fameuse "liberté vestimentaire".
La problématique adolescente repose sur le fait qu’ils veulent se détacher du monde de l’enfance pour plonger dans le monde adulte. Alors parfois, tout est fait à l’excès: maquillage à outrance, tenues trop sexy pour les jeunes filles et attitudes "machos" pour les garçons.
Appartenir à un groupe, c’est bien et cela rassure. À l’adolescence, la personnalité se fonde au sein d’un groupe avec ses règles et ses codes vestimentaires propres. C’est une reconnaissance sociale, une appartenance. C’est une étape importante au niveau du développement de soi, de la personnalité. Si l’adolescent s’habille différemment du groupe, il donne un message clair : "Je quitte le groupe."
Alors pourquoi l’uniforme a-t-il si mauvaise réputation? À cause, probablement, de cette image d’autorité que nos grands-parents ont connue.
Une des solutions serait peut être de demander aux collégiens et lycéens de participer à la conception des uniformes de leur établissement et de laisser tomber, non pas la veste, mais la jupe plissée !
L’appartenance sociale ne passe pas obligatoirement par un uniforme, mais, par exemple, par des codes couleurs communs ou un écusson à coudre. L’essentiel est de réinventer un uniforme version 2012 et que chacun s’y reconnaisse.
Enfin, qu’on le veuille ou non, nous sommes tous influencés par les codes vestimentaires existants.
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Article à lire dans le Nouvel Observateur
Uniforme à l’internat : bon point ou bonnet d’âne ?
Publié le 07-03-201
Article écrit par Angelique Cimelière, Psychologue clinicienne
Jupe ou pantalon noir, chemisier blanc pour les filles, pantalon noir, chemise blanche et cravate pour les garçons. Ce sont les nouveaux codes vestimentaires des élèves de l'internat d'excellence de Sourdun, en Seine-et-Marne. Le port de l'uniforme favorise-t-il l'intégration des jeunes concernés ?
Pour mieux comprendre la polémique actuelle sur l’uniforme à l’école, posons-nous les bonnes questions : l’uniforme est-il un frein à la construction de la personnalité ? Pourquoi est-il adopté ? Existe-il des solutions ?
Un uniforme, pourquoi ?
Jusqu’en 1968, l’uniforme était obligatoire dans les établissements publics afin de gommer les inégalités sociales. Actuellement, les raisons de cette réhabilitation varient. L’uniforme symboliserait la lutte contre "la tyrannie des marques", tout en valorisant "l’égalité entre les élèves".
Qu’en est-il réellement ? La tyrannie des marques existe dans tous les milieux sociaux confondus. Chaque établissement scolaire a son propre... "uniforme" ou plutôt son "code vestimentaire". La sortie des classes parle d’elle-même en montrant une horde de clones se dirigeant vers la porte. Ils sont tous pareils ! Il existe une sorte de "règlement interne implicite" dédié à l’habillement. Sans uniforme à la clé, mais avec des référents vestimentaires identiques !
Les adolescents sont guidés par une marque, un code vestimentaire, qui les intègre dans un groupe spécifique. En respectant cette règle, ils appartiennent à un cercle qui, selon leurs dires, définit leur personnalité. Donc, quoi que l’on fasse, on parle d’uniforme, mais dans le sens "uniformisation" de l’adolescent. Certains codes restent "classiques" : jeans, T-shirt (même lorsqu’il fait 0°C dehors!) et baskets. D’autres portent plus vers la polémique.
L’école, ce n'est pas un défilé de mode !
"Trop maquillée", "Tenue indécente", "Vêtement troué", en parlant du string ou du caleçon qui dépasse largement des pantalons des filles ou des garçons. Voici un échantillon des motifs de renvoi au domicile pour tenue non conforme à l’établissement.
Le problème, c’est que l’école est LE lieu des rencontres entre adolescents. L’école représente une scène où la loi est rude. Seuls les plus motivés resteront. Court extrait d’échanges entre un adolescent conseillant un nouvel élève : "Si t’as pas de Converse, personne te parle. Et même si tu en as, il faut avoir l’art de les nouer et de les salir, sinon, t’es un nul !" Les codes sont extrêmement stricts et aucune place n’est laissée à la fantaisie ou à la fameuse "liberté vestimentaire".
La problématique adolescente repose sur le fait qu’ils veulent se détacher du monde de l’enfance pour plonger dans le monde adulte. Alors parfois, tout est fait à l’excès: maquillage à outrance, tenues trop sexy pour les jeunes filles et attitudes "machos" pour les garçons.
Appartenir à un groupe, c’est bien et cela rassure. À l’adolescence, la personnalité se fonde au sein d’un groupe avec ses règles et ses codes vestimentaires propres. C’est une reconnaissance sociale, une appartenance. C’est une étape importante au niveau du développement de soi, de la personnalité. Si l’adolescent s’habille différemment du groupe, il donne un message clair : "Je quitte le groupe."
Alors pourquoi l’uniforme a-t-il si mauvaise réputation? À cause, probablement, de cette image d’autorité que nos grands-parents ont connue.
Une des solutions serait peut être de demander aux collégiens et lycéens de participer à la conception des uniformes de leur établissement et de laisser tomber, non pas la veste, mais la jupe plissée !
L’appartenance sociale ne passe pas obligatoirement par un uniforme, mais, par exemple, par des codes couleurs communs ou un écusson à coudre. L’essentiel est de réinventer un uniforme version 2012 et que chacun s’y reconnaisse.
Enfin, qu’on le veuille ou non, nous sommes tous influencés par les codes vestimentaires existants.
